En vers libres

Publié le par gribouille

-Ce n'est pas sexuel, me précise-t-il. 

Juste pour la poésie. Je l'avais bien compris.  L'esprit de poésie. Je l'avais bien saisi. Des mots chuchotés, petites bulles d'air qui flottent quelques brefs instants, caressent, et éclatent sans bruit. Déroulent le fil de la danse. Et proprement charment, comme des formules magiques qui tentent de percer l'épaisseur de la chair, d'alléger la lourdeur de l'esprit. 

Il m'arrive de danser les yeux grands ouverts, à regarder les autres danseurs,  à me distraire de ce qui se passe autour de moi, sans réelle connexion avec mon corps, encore moins avec le danseur. Je ne suis alors  pas dans  la danse. Mon corps si, d'une manière mécanique. En réalité il ne se passe pas grand chose. Rien n'est advenu. Aucune surprise. Aucune sensation. On est là, et à ce moment là  on ne sait pas trop pourquoi.

Et puis voilà un danseur qui s'affranchit de tout, pour être justement pleinement là, qui vous embarque avec délicatesse dans son univers. Egrène sa poésie.

Il me parle de confiance. J'ai confiance. Je bute sur le mot toutefois. C'est idiot. 

J'aurais du  encore plus me taire. Me contenter de poser mes silences comme on pose des notes de musique en accompagnement du chant. 

 Juste le lâcher prise qui est parfois difficile, qu'on voudrait total, mais qui se heurte à quelques résistances intérieures. Bêtes résistances intérieures, fragiles toutefois quand l'autre vous entraîne vers d'autres berges, ou îlots, vous éloigne de ce que vous êtes. 

Il est des rencontres extra-ordinaires. 

 

 

 

Publié dans une histoire de mots

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Claudine 24/11/2017 16:57

Quel bonheur cette rencontre : si j'ai bien compris Il est de celui (rare) qui aime vraiment les Fleurs car il la savoure, la hume mais ne se l'approprie pas !
Donne moi de tes nouvelles....

gribouille 24/11/2017 17:34

Joliment dit. La fleur - et la musique. Et tout ce qui fait le charme du tango. ça me redonne envie de danser. j'avais perdu la flamme. La foi?. mais tout reste fragile malgré tout. et toi quand reviens tu ? (je t'appelle ce week end)

Alain 23/11/2017 22:36

J'ai vu passer beaucoup de choses. Et plus que des choses.
Quelle activité ! Et, à chaque fois, riche et poétique !

gribouille 25/11/2017 09:00

:):) des choses... je croyais que tu parlais de mes vaches. Quelle méprise. oui faut que j'achète une carte d'abonnement au cinéma pour m'obliger à y aller un peu. J'aime pas Karine Viard (je sais pas, le visage, qqc en elle...) et pourtant elle a tellement de talent que j'arrive toujours à la trouver super dans les films.

Alain 24/11/2017 22:56

des danseurs. Qui s'affranchissent de tout et viennent à ta rencontre. Tu les casses et ils se cassent. Ils aperçoivent le talent et l'originalité de la bête qui est loin de l'être. Des vaches ?
Je suis allé voir "Jalouse" des frères Foenkinos. Je te le recommande. C'est mieux que ce à quoi je m'attendais. Karine Viard est à son top !

gribouille 24/11/2017 17:35

Des choses ? des vaches ? :) merci Alain. Active oui, modérément tout de même.