Quelque chose à (re)dire ?

Publié le par gribouille

Parfois,  il m'arrive de regretter mes paroles,  non pas forcément parce qu'elles auraient été déplacées, agressives, ou fausses,  non pas parce que j'en aurais trop dit sur moi, ou sur les autres, mais tout simplement  parce que  d'une manière générale je trouve qu'on parle beaucoup trop, - pour pas grand chose : on fait du bruit et on se sent vivre , on se sent vide et on fait du bruit. 

Vendredi  soir, après avoir fait  ma Parisiana,  je suis rentrée chez moi en me disant que j'aurais pu  la fermer -ou me contenter de parler de ce joli mois de mai un chouia trop pluvieux. Arrivée tôt, l'organisateur est venu gentiment me rassurer : ils vont arriver (et je confirme, ils sont arrivés, fort nombreux). On a échangé quelques mots. J'ai fait ma blasée.  Oui Paris, c'est super, mais. Parfois. un sentiment de déjà trop-vu.  Le besoin d'air nouveau. D'herbe plus verte chez les voisins. J'ai tout vu, tout connu.

Pffff…. 

J'ai dansé non stop pendant trois heures, invitée majoritairement par des parisiens avec lesquels, pour pas mal d'entre eux, je n'avais jamais dansé, et pour certains, au moins un, que je n'avais même  jamais vus. Et cerise sur le gateau, j'ai eu majoritairement d'excellents danseurs. Comblée !

Se taire, tout un art de vivre. 

J'ai été plantée une fois (il y a déjà quelques années de ça) au milieu de la piste en pleine tenda, je répondais aux  questions  de mon danseur par simples hochements de tête (mais avec le sourire tout de même). Il s'était senti offensé. 

Et pourtant qu'est-ce qui méritait d'être dit ?

dessin (très artisanal)

Hier soir, un danseur et moi avons vécu comme en replay une situation exactement analogue à une autre de quelques mois précédents  : nous nous souvenions plus (pour la énième fois) de nos prénoms respectifs et de nouveau on s'est amusé à les chercher. Une première lettre à la première danse : D. Dominique ? David ?  A la seconde, Voyelle : I. Diva ?  La troisième : D. Eh bien , malgré ces indices, malgré le fait que nous avions déjà vécu cette situation il m'a été impossible de me souvenir de son prénom. J'ai juste pensé au Didi Beckettien de En attendant Godot, -  le problème d'avoir trop et pas assez de lettres !

Alors parler pour ne rien dire de mémorable, est-ce bien raisonnable ?

En faisant mes courses ce matin même, j'ai croisé une dame qui portait du café chaud aux SDF et prenait le temps de discuter avec eux,  leur offrait  un temps de parole pour  leur rendre un peu de visibilité. Quand donner  voix fait sens, quand dire c'est faire...

Prenons exemple : laissez vos commentaires, je déclare la fin de mon post. 

Publié dans une histoire de mots

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Claudine 19/05/2019 17:00

Je pense que les mots sont les outils de communication à utiliser en dernier. Je préfère le langage du corps, de la musique . Le langage qui se lit "entre les lignes". Bien souvent les mots comblent des vides sauf lorsqu'ils aident à se reconnecter à nos sentiments ou nos émotions pour mieux rejoindre les autres. D"ailleurs quand la communication devient intense, il n'y a plus de mots....