Tarbes en tango

Publié le par gribouille

Tout danse à Tarbes. Du cœur jusqu'au squelette. Un sans fautes, ou presque. Une vague histoire d'éventail cassé. Je  lui ai dit à l'indignée furibonde que je m'en fichais, j'étais bien. Quelques saucées la nuit venue, une lune pleine pour accompagner les noctambules. C'est tranquille Tarbes, paisible. Le jour, les nombreux badauds s'installent comme au spectacle pour nous regarder danser, commentent, applaudissent même parfois. Puis ils disparaissent  les uns après les autres quand le jour décline. J'ai mangé dans un restaurant où j'étais la seule cliente de la soirée, le patron est venu me faire la conversation gentiment. Tranquille. Une petite ville de Province que j'ai traversée de bout en bout, ou presque, tournant et virant, et me perdant. Un problème d'orientation le premier jour. Mais tout de même, j'ai bien plus dansé que je n'ai marché, c'est dire ! vu les kilomètres arpentés. Mais tranquille, le cœur léger, le pied infatigable, malgré sa charge, le mental au beau fixe, malgré. Malgré quoi ? quelques mauvais danseurs, qui te cassent le dos, les épaules, les pieds et la tête ?  Mais tant de bons. Ou de drôles. Ou de cocasses, tel, aperçu dansant avec sa belle, qui saupoudrait furtivement la tête des danseurs de poussière d'or. ça égaie ce genre de personnage. Si rare la vraie excentricité. Un espagnol, particulièrement revêche, sans un mot de trop, comprenez aucun, pas un, rien, a réussi à totalement me séduire avec sa manière de dramatiser la musique et sa danse, de me raconter une histoire pleine de tourments et de drames. A la fin, discret, un petit clin d'œil complice. Et moi, le sourire jusqu'aux oreilles. Heureuse. Et impatiente le soir suivant de danser de nouveau avec lui. Et d'autres. bien sur, d'autres.  L'allemand qui voulait me faire des bessous à la fin de la danse.  Des parisiens qui à Paris ne m'invitent jamais, et qui,  là, curieusement, m'ont invitée. Et les autres, plus familiers : je vous aime.  Mon pioupiou jaune que j'ai cherché toute une après midi pour lui voler une danse, et le pioupiou jaune c'est juste pour voir s'il me lit. Private joke, désolée. Mention spéciale  au danseur qui m'a dit que j'avais les plus beaux ganchos. Serait-ce faire preuve de vanité que de mentionner ce compliment ? oui, sans doute, mais je n'ai pas pu m'en empêcher. Après tout, je ne vous répète pas tous les compliments que l'on me fait, le tous ayant l'avantage de l'imprécision. Un peu ? beaucoup ? à la folie ? Et bien sur, et plus que tout, je tais tous les compliments que l'on ne me fait jamais. Ah les bâtards ! 

J'ai un moment regretté n'y passer que trois jours, mais l'afflux du troisième soir à la halle Mercadieu m'a finalement convaincu d'avoir pris la bonne décision. Je n'aime pas les foules, aussi dansantes soient-elles.

...comme je n'aime pas me répéter. http://www.bribes-de-tango.com/2015/08/festival-de-tarbes-1.html

Ce soir, je n'irai pas à danser à Paris. A quoi bon ? tous les parisiens sont à Tarbes. 

 

Publié dans festivals

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