Où étaient-ils donc tous ?

Publié le par gribouille

 Mais où donc étaient passés les habitués hier soir ? comme si quelque part dans le monde, il y avait eu une soirée qui avait aspiré le tout Paris, ne laissant que quelques ignorants comme moi, les blacklistés qu'on avait volontairement tenus à l'écart de cette méga soirée qui se déroulait ailleurs, hors les murs, dans  un pays magique qu'on appelle le tangoland, où les Mickeys et les belles au bois dormant s'amourachent et copulent debout en toute innocence. Ils devaient tous y être. Oh bien sur, j'ai reconnu  au milieu de quelques touristes en vadrouille (et qui, merci, dansaient bien) quelques parisiens esseulés (et qui, pour certains, merci, dansaient bien), -- pour lesquels d'ailleurs je me suis montrée irréprochable, tout sourire, car il faut bien l'avouer, j'y suis allée en me disant, j'en ai rien à faire de tout, et de tous, mais tout de même,  ne pas oublier la fragilité de chacun, le désir universel de recevoir un peu  de douceur et d'indulgence, le besoin vital d'un peu d'amour, au point qu'à celui qui avait avalé son tube de dentifrice, malgré les trois chicots qui lui restaient dans la bouche, j'ai souri, me disant qu'il avait fait là un effort pour sentir bon et que je devais lui en être gré (je l'ai été), au point qu'à celui qui m'a invitée trois fois, quoiqu'une m'eût suffi très largement, j'ai souri, me disant qu'après tout s'il avait plaisir de danser avec moi, il fallait pas que je fasse ma rabat-joie , ou encore cet autre qui voulait danser serré auquel j'ai résisté tout sourire durant les trois danses -- mais  les autres, tous les autres, où donc étaient-ils passés ? 

J'ai bien eu le sentiment que quelque chose m'échappait. On ne me dit pas tout.

Le pire,  c'est que j'ai perdu pied, quand ce dernier justement s'est mêlé de comploter contre moi -lui aussi. Deux heures de danse,  et me suis rentrée, rappelée à l'ordre par une tendinite, ou quelque chose d'approchant.

Aïe aïe aïe

Et c'est arrivée chez moi, le pied enflammé, que j'ai compris  : la milonga a du se remplir après mon départ. Ils ont attendu que je m'en aille.

ça ne résout pas le problème pour autant : où étaient-ils donc jusqu'à minuit ?

Il y a un truc, c'est sur. Et ne me dites pas que je suis parano. 

Je ne sais si mon pied est de connivence. Peut-être ce soir me laissera-t-il danser ? J'ai peur de trouver salle vide. J'ai peur d'avoir été désertée par le monde.

Ils finiront bien par revenir. 

 

Publié dans fouillis

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Alain 08/04/2019 22:44

sortir en espérant trouver danseur avant minuit ... est-ce encore possible ?
Je ne te dirai pas que tu es parano. C'est entendu.
Tu penses qu'ils sont allés dans la salle d'à côté (ou bien celle voisine) pour ne revenir qu'alors que tu t'apprêtais à quitter la salle...
Ils t'observaient ? Ils attendaient ?
Je n'y crois pas.