Gribouille, un pseudo hyper sympa - et côôôôôôôl

Publié le par gribouille

Un jour j'ai décidé de tenir un blog sur le tango, ou plus exactement sur mon tango. C'est le pseudo qui m'a posé problème avant tout. Et peut-être que l'autre jour, j'ai enfin compris pourquoi j'avais choisi Gribouille.  En dehors du  très vague souvenir d'un personnage gribouillant, - et certes je griffonne à l'occasion, dans les meilleurs des cas je dessine même - ,  je peux peut-être, à la mode lacanienne, retrouver une chaine inconsciente.

Gribouille,  c'est du gris sur la bouille,  de la grise mine,  autrement dit de la bouillie de gris.

L'autre jour donc, je suis allée danser, ou plutôt je suis allée en extérieur à une milonga, sans appétence particulière. J'ai chaussé mes lunettes de soleil, me suis assise et ai fait la gueule. J'ai regardé le sol, l'ai trouvé moche, me suis demandée pourquoi un jour un architecte paysager avait laissé tous les bras cassés du coin,   pochtrons et malvoyants y compris, voire même tous  les  gamins de moins de 2 ans qui passaient par là et que les mères ne savaient comment occuper,  enlaidir le parterre avec de la peinture balancée n'importe comment,  et si épaisse par endroits qu'on aurait dit du vomi séché**  ;  me suis demandée avec toute la mauvaise foi possible pourquoi personne ne tentait le cabeceo  avec moi, malgré mes lunettes, et mes pieds vite déchaussés. Comme les places assises étaient peu nombreuses, chacun.e venait voir si entre moi et ma voisine il/elle pouvait caser son cul, et il/elle le pouvait, à coup de excusez moi et de torsions  pour s'y caler malgré l'étroitesse de la place, et la largeur quelques fois des culs.   Une nana  à coté de moi a compté ses sous ostensiblement, cherchant dans son porte-monnaie de la menue monnaie, et je me disais, non, elle n'osera pas, elle ne va pas tout de même mettre dans le chapeau ces quelques centimes extirpés tant bien que mal parmi les pièces de un ou deux euros. Non  effectivement.   ça m'était destiné, 46 cts, - et  avec moult précautions oratoires, si je voulais, si j'avais la monnaie sur un euro, au lieu des 46 cts, elle m'offrirait généreusement 50 cts contre une clope. Waouh, être pingre à ce point là ! bravo.  Je lui ai pris son argent si difficilement donné, et lui ai précisé que ça irait à un SDF. Je tirais la gueule, j'étais fatiguée, des danseurs ne me revenaient pas, et pourtant je me surveillais : non, va, il y a des gens sympas, elle, lui, elle, lui, mais, mais, il y a aussi lui, elle,  surtout lui, et  lui encore…. bref, ça faisait pas le compte. Je broyais du noir,  le triturais malaxais,  jusqu'à en faire du gris, une masse informe, moi, revêche, déplaisante, et surtout cherchant plus que tout à me donner raison, et donc forcément trouvant toutes les bonnes raisons d'être mécontente. 

Alors oui, Gribouille, c'est  sympathique comme pseudo, - côôôôôl - à mon image donc (vous me permettrez de finir sur une note positive), mais il y a des jours comme ça où  la musique n'est pas toujours suffisante pour adoucir les mœurs.

** C'est le jardin des dessins, conçu par Francis hyber, un artiste que j'aime beaucoup d'habitude mais là, son travail sur céramique me laisse plus que perplexe.

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