Milong'adios

Publié le par gribouille

Samedi comme dimanche j'ai bien dansé, si bien dansé qu'il arrive un moment où, la fatigue aidant, mon impatience étant calmée, je vais  m'assoir un peu en  retrait, rassassiée, j'observe et j'écoute la musique, détendue, légère, - apaisée.

Absorbée par la lumière claire de  l'abside de l'église, je me suis demandée si les morts regrettaient, malgré tout, leur vie terrestre, cette vie où le corps, quand il (souple et délié) danse, marche, ou encore   nage, exulte et procure de quoi nourrir nos âmes. Si seul l'esprit et notre mémoire subsistent, comment font-ils sans ce corps allié pour ressentir la joie, ou l'amour ?

Derrière le vitrail bleu,  au dessus de la tête des danseurs, des pigeons passaient de temps en temps - des ombres volatiles, quelques pensées éphémères.

J'ai bien dansé, sans ratés dignes d'être racontés, mais quand même j'ai encore en bouche le goût amer d'une tenda, musicalement  très belle, que le dj (Gabriel Sodini) avait fait débuter avec Fuimos (Piazzola) le genre de tenda où la tristesse fait monter en nous  le besoin de consolation : là, le corps, imprégné de cette mélancolie musicale, s'alentit et s'attendrit,  tu prends le temps de caresser le sol, d'épouser l'instant, de calîner tes états d'âme.

ASTOR PIAZZOLA

Et Il a fallu que je tombe sur un très mauvais danseur, de cette sorte qui ne sent pas la musique, qui s'applique, te dit même avec un sourire de lourd qu'il essaie de  se faire léger, te demande si ça va, et cerise sur la gateau, le pire, l'abject,  qui pue -une vague histoire de phéromones mal assimilée : il avait dû porter sa chemise toute la semaine exprès pour exciter la femelle. Oui vous l'aurez compris, il m'a tellement gaché cette tenda qu'à la fin je le haissais, de tout mon être. Plus tard j'ai observé une danseuse qui semblait en extase devant lui : une vague histoire de phéromones, qui fonctionne parfois. 

Je ne regrette pas du tout d'être venue à Bordeaux pour ce festival. C'était plutôt réussi :  organisation, lieu, orchestre (tango spleen, génial), dj, danseurs, etc. 

Mais quand il n'y a rien à redire, finalement, il n'y a rien à raconter. Alors Adios Muchachos… Place au superbe Louis Armstrong

Adios Muchachos, Louis Armstrong

 

 

 

 

 

 

Publié dans festivals

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